Moyen Äge mediatique?

Les débats du Conseil de Ville biennois doivent-ils être retransmis en direct et en vidéo? Non, répond le Bureau du Parlement !

Les 17 et 18 mars derniers, les débats sur l’avenir d’Agglolac avaient exceptionnellement été retransmis en direct et en vidéo depuis les Parlements de Bienne et de Nidau. Dans le premier cas, par une caméra diffusant les discussions en plans fixes (et souvent mal cadres !). A Nidau, par trois cameras permettant de faire des gros plans sur les personnes s’exprimant ä la tribune.

Motion interpartis

Pourquoi ne pas généraliser cette pratique? Sous la houlette de l’UDC Sandra Schneider, des élus de tous les partis, allant de l’ancien président du Conseil de Ville Leonhard Cadetg (FDP) ä la communiste Marisa Halter ont donc dépose une motion exigeant deux choses: «Que le Conseil de Ville puisse se prononcer sur l’introduction de la transmission vidéo de tous ses débats, et que le Règlement du Conseil de Ville soit complète si nécessaire afin de créer les bases légales et de régler les processus correspondants.»

Transparence

Mais le Bureau du Conseil de Ville, compose de la présidente, des deux vice-présidents et des deux scrutateurs, ne l’entend pas de cette oreille. Cet organe admet que «l’objectif fondamental de la diffusion des séances parlementaires en son et image est d’accroitre la transparence et l’accessibilité des réunions du Conseil de Ville et d’intéresser de nouvelles couches de la population, notamment la jeune génération, à la politique». Mais le Bureau émet de nombreux doutes sur l’intérêt réel de la diffusion en direct des débats.

«Selon l’évaluation, l’audience des débats Agglolac a oscille entre 10 et 50 personnes, avec un pic ponctuel de 80 ä 130 personnes le 17 mars 2021 entre 20 heures 30 et 21 heures 30. En moyenne, une quarantaine de personnes a suivi la diffusion chaque soir», rappelle-t-il.

Vote electronique

Pour le Bureau du Conseil de Ville, la transparence des débats serait mieux garantie avec l’introduction du vote électronique qui permettrait ä tout le monde de connaitre le vote des 60 élus. Un projet en ce sens sera discute lors de la poursuite de l’examen de la révision totale du Règlement de la Ville de Bienne.

Enfin, la question des coûts d’une telle retransmission systématique ne doit pas être écartée. Selon la Variante choisie, ces couts s’élèveraient à environ 3000 francs par séance pour une caméra statique ou ä 4500 francs pour une caméra mobile, sans compter la Charge de travail supplémentaire du Secrétariat parlementaire. En plus, le retour des débats dans la bonne vieille salle du Conseil de Ville (les séances ont actuellement lieu au Palais des Congres) entrainerait des coûts supplémentaires en termes d’investissements. Le Bureau du Conseil de Ville estime donc que les inconvénients l’emportent sur les avantages d’une retransmission en direct systématique des séances du Parlement. «En revanche, la possibilité d’un ‚live Streaming‘ dans des situations exceptionnelles ou dans le cas d’une restriction de l’accès du public sera elle aussi examinée dans le cadre de la révision totale du Règlement de la Ville.

Auteure de cette motion interpartis, Sandra Schneider n’entend pas baisser les bras malgré le préavis défavorable du Bureau. «Aujourd’hui, la population n’a aucun moyen de savoir ce que nous discutons et décidons même. Le procès-verbal du Conseil le plus récent date de 2018! La retransmission par l’image et le son est ce qui rend un débat passionnant et compréhensible. D’ailleurs, j’ai soumis une motion identique au Grand Conseil, dont l’approbation est recommandée. Alors pourquoi la Ville de Bienne veut-elle rester coincée au Moyen Âge médiatique?» B Sandra Schneider: «Aujourd’hui, la population n’a aucun moyen de savoir ce que nous discutons et décidons au Conseil de Ville.

Source: BIEL BIENNE, 17 août 2021

Schreibe einen Kommentar

Deine E-Mail-Adresse wird nicht veröffentlicht. Erforderliche Felder sind mit * markiert.

* Copy This Password *

* Type Or Paste Password Here *